Arabesques
La distance du temps est un miroir
Enfoui dans le coeur et la mémoire …
Même si la vie est un cheval qui s’enfuit dans cet océan de souvenirs
Il me reste les larmes au bout de mes cils
Au goût étrange des marées salins
Et aux parfums subtils des algues marines
Les souvenirs ne meurent jamais, ils vivent éternellement
Aux reflets d’or et de lumière
Dans mes images sans sommeil …
Le temps s’est enfui, à l’ombre des noyers
Comme un chien sans grelot
Mais chien de sang ne perd la trace
Chien de sang est mon souvenir
Souvenir n’est point feuille morte
Souvenir est couteau planté …
Triste souvenir passé dort pour toujours
Se dépose dans mon rêve tel du velours
Paradis perdu

De fièvreuses sybilles vêtues d’organdi
Rose, accablantes fleurs que l’aube martyrise
Présageaient ce désastre et la chose incomprise
Avant d’avoir vu, l’atteste un cerne grandi !
Maint faune en son royaume, le sceptre brandi
Vers les seins polis dont nul songe cicatrise
Et vers les bras légers insoucieux de traîtrise
S’élançait sous la lune au silence arrondi
Tout se tait, tout s’oublie si soudain au délice
Des jeunes paresses ! Mais j’ai bu au calice
Nu de l’âme exquise qui n’a pas même ri
Et l’étincelante nuit dans ses yeux pensive
Initiant aux ombres ma douleur attentive
Mais le pli de sa lèvre où le rire a fleuri

Absence
Le bol est vide où tu buvais
Le mal lavé et souillé
Perdu dans la pitié
Un quatorze février
Le jour à ne pas oublier
Si l’on ne veut pas se disputer
Quelquefois j’évite de pleurer
Douce Colombe ne pense qu’à s’envoler
Avant de s’envoler
Pour un autre horizon
Pour échapper au monde d’en bas
Jusqu’au plus profond
Jamais l’horizon !
J’ai compris son message
Je vais tourner la page
Un autre regard
Sur la page
Secret de Femme
Image d’ardeur et de beauté
Force impulsive et généreuse
Stimulant de l’être, de l’oeuvre
Eveil du désir, attrait de l’interdit
Essence féminine au pouvoir vitalisant
Invite et se rebiffe sous les pas enchantés
Du mystère vital caché …
Ventre où vie et mort
Se transmutent l’une à l’autre
Sang et rejet frappant toutes femmes
Passant de la nuit utérine … Au jour
Symbolique accomplissement
De retraite purificatrice …
Fût-ce pour une juste cause
Interdit étendu à tout homme
Pour avoir osé des erreurs passées
Versé le sang d’autrui …
Nymphe aux pouvoirs démesurées
Dans sa robe du soir disparaît
Bercée de vérités illusoires …
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