Anatomie d’un choeur
Je n’ai aimé qu’un seul être au monde et je l’ai tué …
A l’époque, je ne savais pas encore que je l’aimais.
Oui mais voilà, quand j’ai une bonne nouvelle à annoncer je ne peux me taire longtemps !
De l’amour je pourrais en parler
Des heures des jours des années …
Comment suis-je arrivé là, après cette étrange vie que j’ai menée …
J’ai accepté tout, comme une chose nécessaire.
J’ai toujours été disponible, prêt à saisir tous les prétextes, toutes les aventures …

… J’ai pas laissé passer une seule chance de changement.
Alors cette fatigue soudaine, c’est peut-être aussi une chose normale, qui devait venir lentement, un jour ou l’autre, parce qu’il faut bien s’arrêter de marcher, à un moment quelconque.
Je ne suis pas vaincu.
Ce silence que je tiens au plus profond …
Comme la crainte des phrases, que les mots enjolivent.
Ce silence insipide, opaque telle la brume, c’est un peu mon enfance …
Quand les yeux grands ouverts, je cherche un visage enfuis dans ma mémoire.

… Silence pesant, tel un deuil éternel.
Je t’ai construit des mimes pour ne pas te troubler …
Et si parfois des larmes emplissent mon regard, c’est que j’ai peine à dire la brillance du verbe …
Et l’émotion qui monte …
Les gens passent et me regardent.
Je reste assis des jours entiers avec cette terre entre les mains.
Quelques fois il m’arrive d’ouvrir les paumes, de laisser reposer quelques instants la forme à plat.
Finalement des saisons entières passent …

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